28/10/2014
- Rapport 1984 sera en résidence durant trois mois à UBI LABO -
Synopsis:
" Je suis à l'arrière d'une voiture, le ciel est uniformément blanc, quasiment laiteux, je suis face à une immense toile aux mailles beaucoup trop grandes, espacées, je peux passer au delà, je crois. Les essuies glace, le bruit, le mouvement, m'agresse. Tellement agressif et le volume augmente encore. Je suis bercée par les pauses aléatoires, lorsque la voiture passe sous un pont, la pluie s'arrête, comme suspendue durant un millième de seconde. Le chauffage me brûle le visage et je sombre...
Cette odeur de poussière et d'after shave me colle la g***e. Ca me rappelle le métro, ca me rappelle le matin que je déteste et ces gens au teint grisâtre voire verdâtre qui partent bo**er.
Je sombre...
Je me réveille à l'arrière d'une voiture, je me vois à l'arrière de celle-ci sur plusieurs calque, devant mes yeux, ils s'entremêlent parfois, cela se joue dans la transparence, dans la cohabitation des textures.
Je doute de ce qu'il y a au dessus de moi, dans mes souvenirs, je me retrouve toujours enfermée dans cette voiture et autour c'est noir, un noir épais, tenace... cette obscurité qui rend claustrophobe et qui coupe la respiration.
Quand j'ai passé la tête dans ce petit trou pour apercevoir le "réel" cela m'a rappelé la fois ou j'ai passé ma tête par le toit ouvrant de la bagnole, c' était si brutal, depuis je survis dans mes visions et je les apprivoise... "
Rapport 1984:
C'est le nom d’un dossier, ouvert en 2010. Des listes de souvenirs, de différentes formes, physiques ou virtuelles. Les données que l’on y trouve sont également mobiles. Toute cette matière se compose de textes, d’images, de vidéos, réalisés avec une méthode d’assemblage, de collage, un cut-up viscéral et un paysage mental. Pour les interventions sonores, il s’agit de performances musicales électroniques, anachroniques, improvisées et fantasmées ou la rétine de l'esprit s'associe aux mouvements hypnotiques du projecteur de diapositives, comme des preuves synchronisées et dansantes. RAPPORT 1984 travaille sur un moyen-métrage après plusieurs expositions-concerts / événements atypiques / voyages, et rassemble les derniers éléments à la construction d'un spectacle total et pastiche de réalités. On y croise les formes et les fantômes de John Carpenter décrivant le New-York de 1997, W.S. Burroughs parti en Interzone, ou encore Coil et ses désastres astraux.
Pour ce second UBI LABO, je souhaite continuer mes recherches, expérimenter dans ce laboratoire sous-terrain, pour une future installation, testant la mise en espace, avec différents médium.
Etant donné que je me retrouve dans un sous-sol et qu'il y a dans son prolongement un espace très grand encore plus sombre, dans lequel on peut trouver des vestiges, des œuvres, des objets ici et là, des choses fragiles entreposées, j' aimerais développer cela, en partant de la théorie de la Terre creuse, un imaginaire très riche, qui me fascine depuis un moment... En imaginant être enfermée depuis toujours, dans les sous sol de la terre comme dans un immense caisson d'isolation, tentant d'imaginer l’extérieur, seulement, un jour, j'ai eu la possibilité de m'échapper et d'apercevoir au dessus, « le réel » juste un millième de seconde, le choc étant tellement violent, le flash et la lumière tellement intense, que je repars dans les sous sol, avec une persistance retienne variable, protéiforme, évolutive et permanente. Ma recherche et le développement plastique sera directement lié aux effets de cette persistance retienne.
AFTERIMAGE = IMAGE REMANENTE