20/06/2021
Le masque ~~
~~ objet de savoir,
objet d'art, objet d'artisanat, objet de société... ..objet de réflexions personnelles !
A de nombreux endroits, les comédiens s'emparèrent de masques figuratifs caricaturaux. Dans le théâtre européen, on le trouve dès sa naissance officielle, c’est-à-dire dans le théâtre antique grec, héritage direct de la déambulation quasi carnavalesque. On retrouve les masques tout autour du monde, et c’est le bois sculpté qui l’emporte. En Inde, au cœur du théâtre savant dans les épopées du Râmâyana et du Mahâbhârata. Et sous l'influence probable de ce dernier, au japon dans le théâtre élitiste Nô (on compte 60 masques de base puis environ 250 modèles archétypaux qui figurent des typologies de personnages et d'émotions et servent de base aux narrations. Par exemple : le jeune homme aristocrate ou le vieillard - pour les femmes, il y a moins de personnages, répartis en 3 archétypes principaux : la belle jeune fille, la mère inquiète et la vieille femme respectable. Il y a aussi des personnages démons ou esprits (qui sont ôtés de cornes lorsqu'ils sont féminins). Il est dit que le masque à la fois ôte la possibilité au comédien d’utiliser son propre visage et ses propres expressions pour faire passer une émotion et à la fois lui offre une autre palette d’émotions puisque les masques sont sculptés de telle sorte que l’orientation du visage par rapport à l’éclairage crée des ombres qui changent les expressions. Ainsi les comédiens maitrisent une gestuelle très lente et précise de la tête, préétablis par un code et une convention théâtrale, mais aussi de l’ensemble du corps avec des costumes très élaborés, et créent une palette de nuances qui exprime la diversité des états d’âmes, fugitives et cruciales dans l’action narrative. Les masques nô sont sculptés dans du bois de cyprès (hinoki) et peints. Chefs d’œuvres anciens, les Nômen d’origine sont conservés dans les maisons du nô depuis des générations, sources-modèles qu’un artisan contemporain re-fabrique pour chaque nouvelle pièce de théâtre. L’art du masque sculpté connut un grand rayonnement pendant la période Edo des XVIᵉ – XIXᵉ siècles : plusieurs ateliers se spécialisèrent dans sa production.
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Au XVIIème siecle, la comedia dell'arte italienne, développe une série de demi-masques qui laissent les comédiens parler et qui sont cette fois en cuir rigide.
Dans ces différents exemple théâtraux, ils ont aussi une fonction de purification des émotions. Les films ont aussi largement repris et enrichi les déclinaisons de ces archétypes, particulièrement pour en-visager les personnages démoniaques.
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La représentation de visages caricaturaux, ornent les monuments, souvent sacrés, de très nombreuses contrées et cultures et figurent des émotions et caractères sous la forme divinités positives ou démoniaques à honorer et/ou à craindre.
Les masques qui présentent un visage caricatural permettent de figurer sur sa face un visage autre que le sien, endosser le rôle d'une personnalité publique reconnue, vivante ou divine, pour la convoquer ou la singer, en se passant parfois même d'un costume de corps ou autre accessoire complémentaire. A représenter une humeur prévue et figée, à grossir une émotion pour la rendre saisissable à un interlocuteur/spectateur éloigné (éloigné dans l'espace et/ou dans le temps), à endosser aussi les caractéristiques symbolique d’un animal, car sans que nous l’ayons évoqués jusque-là, les masques peuvent aussi emprunter les traits de faces animales, réalistes, fantasmées, hybridées avec d 'autres animaux, humanisées, etc.
On retrouve à partir du 20ème siècle ces mécanismes de recours aux visages archétypaux pour amplifier puis communiquer des émotions au cœur de la croissance des (télé)communications. C’est en effet l'unique fonction des smileys (ou émoticônes pour le dire comme les académiciens de la langue française).
Dans le même temps, le théâtre essaye au contraire de sortir de la figuration d'émotion faciale pour développer les émotions corporelles en ayant recours au masque neutre (Copeau, Brecht). Cela ramène la fonction d'anonymisation du masque. En effet, si tout le monde cache son visage et/ou porte un masque similaire, la distinction entre les individus est rendue difficile. Cette homogénéisation donne corps unique à une masse d'individus solidarisés, phénomène qui a été intégré par des militants porteurs de masques à l'occasion d'actions ou de manifestations politiques.
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Une figure iconique du masque est celle du médecin du Moyen-Âge soignant les pestiférés, devenue aujourd'hui un pictogramme apprécié des passionnés d'histoire du moyen âge, de costumes ou encore d'estampes européennes.
Ces masques avaient pour but de protéger le soignant et les soignés de la transmission des maladies, en l’occurrence la peste, par le recours à des plantes bourrées dans le masque en forme de bec allongé, cumulant l'action de filtration mécanique et les propriétés médicinales prêtées aux plantes sélectionnées. Dans de nombreux métiers d’ailleurs les masques constituent un outil de travail régulier, un équipement de sécurité contre les projections et brûlures et l’inhalation de poussières nocives.
En ce premier quart du 21ème siècle, L'augmentation des taux de pollution dans les grandes villes et les épidémies de maladies respiratoires ont progressivement entériné le port d'un masque respiratoire dans le quotidien des humains. Avec ce phénomène, c'est tout un nouveau panel d'usages variés qui peut se voir exploré, ouvrant la porte à de nouvelles appropriations, croisement et inventivités. Tout en continuant de surfer sur le grand paradoxe transculturel du masque : expression et protection. Expression d’un sentiment, rendant visible ce qui ne l’est pas, disant l’indicible ; et protection de ses portes d’entrée, dissimulation de son émotion, transformation de sa personnalité, anonymisation de son identité.
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En latin, le masque que portait les acteurs est désigné par le mot persona. Dans le domaine de la psychologie-anthropologie, le masque – existe en tant que concept pour décrire la personnalité apparente et sociale revêtue par un individu : le masque qu’on porte en soi.
Ainsi, les individus humains revêtent un masque (vêtements, postures, attitudes, propos, etc.) se comportent d’une manière qu’ils pensent attendue d’eux dans un contexte social donné, en général dans le but d’être accepté par ses pairs. A la manière du comédien, les êtres changeraient de masques selon les contextes, dans le but de protéger une facette de leur personnalité et/ou surtout d’en exprimer une autre. Le modèle hypostatique de la personnalité pousse ainsi la réflexion jusqu’à décrire la personnalité d’un individu comme étant l’ensemble de ces différents masques, personnalité vécue ainsi comme composite et mouvante mais pas moins entière ou alors à poser la question philosophique de l'existence même d'un "moi". On retrouve ici le paradoxe du masque évoqué précédemment puisque « Selon le point de vue hypostatique, le développement réel d'une personne est le résultat de l'opposition entre facteurs de stimulation et l'inhibition du développement, des facteurs qui sont biologiques et environnementaux dans leur nature. » (Wikipédia). Ainsi, métaphoriquement on porte toujours un masque et ce masque est et dit quelque chose de soi, en relief comme en creux.
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Artisanat cuir /
Technique du cuir ciselé.
La fleur du cuir à tannage végétal est incisée en surface, puis le cuir est humidifié et modelé pendant le séchage à l’aide d’outils à main qui écrasent le cuir aux endroits voulus, faisant ainsi ressortir en faible relief ce qui n’a pas été écrasée, à la manière des bas-reliefs. L’application de peintures, teintures ou autres patines pourra venir renforcer l’aspect visuel.
Ce masque est muni d’un lien de cuir pour l’accrocher autour de sa tête, d’une doublure intérieure en cuir de chèvre nubucké, et d’un filtre à charbon contre les micro-particules émises par les véhicules à essence et diesel auxquelles sont exposées la voies respiratoires des piétons et cyclistes urbains (filtres de la marque Wair).
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