En fait, la question est simple : comment fait-on pour passer d’un enfant espiègle avec des bêtises au bout des doigts à cette voie d’artisan-artiste ? A l’âge de six ans, ma famille et moi avons déménagé pour la campagne jurassienne. Endroit parfait pour tester mes premiers élans de liberté et mes balbutiements créatifs. Du moins pas dans les branches traditionnelles. Moi, j’aimais tout ce qui me
permettait de découvrir le monde, le bricolage, les travaux manuels, le chant. Puis quelques années plus t**d, j’ai commencé d’expérimenter d’autres voies, la couture, le skateboard. Avant de me lancer dans le hip-hop, la musique, le beatmaking, le graphe. Finalement, ces expériences n’étaient que des tentatives d’exploration ou parfois même d’extirpation de quelque chose que je ressentais en moi. Naufrage. C’est le mot que l’on emploie pour un bateau qui coule. Vers 24 ans, c’est moi qui me suis enfoncé suite à plusieurs difficultés personnelles. Cela a été le déclic. Il était temps que je trouve un chemin qui m’appartienne, qui réponde à mes interrogations, à mes aspirations. Sentir. C’est de là qu’est venue la solution. Sentir ce que je voulais ou ce que je ne voulais pas. Professionnellement, j’avais opté pour une formation de polisseur mais je n’y étais pas épanoui. J’avais besoin d’être créatif dès le départ, de fabriquer mes propres œuvres. J’ai visité l’école des arts appliqués à Chaux-de-Fonds et j’ai été subjugué par les métiers de bijoutier, de sertisseur, de graveur cependant je n’avais pas les moyens de recommencer un apprentissage. Je me suis souvenu que plus jeune, je m’étais déjà tourné vers la bijouterie et que je passais mon temps à polir tout ce qui me tombait entre les mains. Idéal. Il y a des rencontres qui ne se font pas par hasard. Ce sont plutôt des rendez-vous. La providence a mis sur ma route Denis Tcheskiss. Alors que j’avais pensé m’initier grâce à lui au dessin uniquement, il m’a ouvert la porte aux arts plastiques et à la bijouterie. Très rapidement, j’ai voulu créer mon atelier, avoir un lieu où je pourrais m’adonner à la création. Cela fait maintenant 3 à 4 ans que j’y travaille à temps partiel. Et depuis début 2021, j’ai la chance d’y accueillir un «apprenti » à qui je transmets ce que je connais, comme une occasion de rendre ce qui m’a été donné. Beauté. C’est ce que je voudrais amener au monde. J’ai passé la moitié de ma vie à maîtriser les outils dont je me sers, j’aimerais bien que la seconde moitié soit consacrée à les utiliser afin d’offrir du plaisir aux autres à travers ce que je crée. C’est ce qui me motive tous les matins : donner le maximum de moi-même sur la route que je me suis choisie. Quoiqu’il arrive. Lumière. Sans doute est-ce que j’aimerais que les personnes retiennent de moi. Que malgré un parcours de vie compliqué et toutes ses zones d’ombre, on peut toujours favoriser la lumière. A
travers la bijouterie et la sculpture, je continue de me façonner. Le développement personnel , entre autre le cheminement réalisé avec Anne-Laure Lovis, thérapeute, m’a permis de concrétiser mes aspirations et de porter sur moi un regard différent afin de faire émerger des parts de moi qui étaient déjà là sans que je le sache vraiment. Espoir. Que mon parcours suscite en vous l’envie de réaliser vos rêves et vos talents. Pour la suite, me concernant, je fais mienne la citation de Christophe Colomb quand il disait : « On ne va jamais aussi loin que lorsqu’on ne sait pas où l’on va ». C’est la plus belle des destinations…