03/08/2026
TDAH vs TSA: hyperfocalisation ou intérêt restreint?
Super intéressant, à lire!
Suite à ma vidéo sur l'hyperfocalisation dans le TDAH de ce matin, on m’a demandé : « Et la différence avec les intérêts spécifiques dans le TSA, ce serait pas intéressant à évoquer ? »
Sans être un expert du TSA, j’ai essayé de voir ce qu’on en disait dans la littérature. Et c’est une question qui mérite vraiment qu’on s’y arrête.
Parce qu’en apparence, ça se ressemble beaucoup. Dans les deux cas, on observe une personne complètement absorbée, difficile à interrompre, comme coupée du monde. Mais quand on regarde de plus près, ce qui se passe « sous le capot » (les processus cognitifs) semble assez différent.
Dans le TDAH, l’hyperfocalisation est un état passager et involontaire. Elle se déclenche quand quelque chose capte l’attention au bon moment — une nouveauté, une stimulation forte. Et l’objet peut changer d’une semaine à l’autre. Après l’épisode, on entend souvent : « J’ai passé quatre heures là-dessus sans m’en rendre compte, et j’ai oublié tout le reste. » Le vécu est ambivalent : agréable sur le moment, mais souvent suivi de culpabilité.
Dans le TSA, l’intérêt restreint est un trait stable dans le temps. Le même domaine peut être investi pendant des mois, des années, parfois toute une vie. Et surtout, il remplit une fonction régulatrice : il apporte de la prévisibilité, réduit l’anxiété, et constitue souvent une source de compétence et d’identité. La détresse ne vient pas de l’intérêt lui-même, mais de son interruption forcée par l’extérieur.
C’est une distinction qui a des conséquences concrètes pour l’accompagnement, en particulier quand les deux conditions coexistent chez une même personne.
Un point important que je tiens à préciser : il n’existe pas encore d’étude, à ma connaissance, qui compare directement ces deux phénomènes dans un design expérimental dédié. L’étude de Dwyer et al. (2024) s’en approche le plus, en montrant que l’hyperfocus est transdiagnostique mais avec des profils différents. Une partie de cette analyse repose donc sur du raisonnement clinique, pas uniquement sur des données expérimentales. La transparence, c’est aussi ça.
J’ai tenté de résumer les principales distinctions dans une infographie réalisée avec NotebookLM.